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Rébus au CDI

Sous l’impulsion de M. Sénégas, Professeur Documentaliste du Collège de l’Estérel, des élèves-artistes ont décidé de donner vie à un pan de mur de leur CDI au travers d’un rébus…

Le résultat est extraordinaire… Dextérité, précision au service de la culture et d’un patrimoine qui est leur et qu’ils s’apprêtent à transmettre aux générations futures… C’est ainsi que s’écrit l’histoire, avant de devenir l’Histoire…

A vous de juger grâce à ces photos (cliquez sur une d’elles) :

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Toutes nos félicitations à nos artistes et à leur Professeur Documentaliste, M. Sénégas

M. Cassubie

La perspective : une invention de la Renaissance italienne

La perspective : une invention de la Renaissance italienne

Qu’est-ce que la perspective ?

La perspective : c’est l’art de représenter des objets ou des espaces en trois dimensions sur une surface à deux dimensions. Son but est de recréer l’illusion optique de l’espace et du volume en les représentant tels qu’on les voit en les regardant d’un point précis. Lorsque l’on dessine en perspective, plus les objets sont éloignés dans l’espace plus ils semblent petits. En perspective, les lignes qui sont parallèles dans la réalité convergent vers un point de fuite sur le dessin. À la Renaissance, les artistes commencent à utiliser une perspective dite linéaire ou fuyante. Dans une perspective linéaire, toutes les lignes semblent converger vers un point de fuite (parfois il peut y avoir plusieurs points de fuite).

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Raphaël, L’école d’Athènes

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Perspective à deux points de fuite

Perspective cavalière

Il existe une autre forme de perspective dans laquelle les droites parallèles restent parallèles sur le dessin et où les objets semblent vus d’en haut : la perspective cavalière. Il n’y a donc pas de point de fuite. Cette perspective n’est quasiment jamais utilisée dans la peinture occidentale, mais est très pratique en architecture.

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Perspective cavalière

Petite histoire de la perspective

Le Moyen Âge

Au Moyen Âge, il n’y a pas de système de perspective. L’espace pictural est le plus souvent clos. À l’intérieur de cet espace clos, l’artiste met en scène des personnages régis par des rapports symboliques, sans se soucier ni d’unité de temps ni d’unité d’espace : un même personnage peut apparaître plusieurs fois et sa taille est déterminée par sa position dans la hiérarchie sociale ou religieuse. Les personnages sont souvent placés quasiment sur un même plan matérialisé par un fond d’or hérité de la peinture et des mosaïques byzantines. Ces mêmes personnages peuvent être empilés les uns sur les autres niant ainsi toute réalité de l’espace.

Un précurseur : Giotto

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Giotto, Annonciation à Sainte Anne

Si Cimabue s’était déjà interrogé sur le traitement de l’espace pictural, Giotto, à la fin du XIIIe et au début du XIVe siècle, va plus loin dans son désir de représenter les trois dimensions. Pour traiter l’espace, Giotto utilise des architectures décomposées en volumes simples qui enferment, comme dans des boîtes, les personnages pour accentuer l’effet de profondeur. Il utilise aussi des raccourcis.

Le quattrocento (XVe siècle) réinvente la perspective

Le rôle d’un architecte : Brunelleschi

L’architecte du Duomo a peint, vers 1415,  un petit panneau représentant le baptistère de Florence tel qu’on pouvait le voir depuis la porte centrale de la cathédrale, c’est-à-dire juste en face, à vingt ou trente mètres du baptistère. Il a pratiqué un trou à l’intérieur de ce petit panneau au travers duquel il fallait regarder par le côté non peint, et à ce moment on voyait par ce trou, apparaître le baptistère. On plaçait ensuite un miroir dans l’axe de vue et on voyait le baptistère peint, on baissait le miroir et on voyait que c’était la même chose. Brunelleschi venait de démontrer qu’il était capable de représenter exactement une architecture en perspective. Le mot perspective vient d’ailleurs du latin et signifie : voir au travers.

Expérience de Brunelleschi

Expérience de Brunelleschi

La perspective atmosphérique ou perspective chromatique

La Joconde par Léonard

Léonard, La Joconde

Pour rendre l’illusion d’éloignement, la perspective linéaire n’est pas suffisante. Plusieurs artistes de la Renaissance se sont intéressés à ce qu’on appelle la perspective atmosphérique ou aérienne, mais c’est Léonard qui le premier l’a formulée par écrit et en est devenu un maître. En règle générale, plus un plan est proche plus il apparaîtra sombre et contrasté. Le peintre joue ensuite avec des dégradés et des couleurs estompées. Il peut également jouer avec les tons de couleurs. Les couleurs chaudes s’utilisent au premier plan et les couleurs froides (vert et bleu) suggèrent l’éloignement du fond.

Julien Sénégas